Mercredi 23 avril 2008 3 23 /04 /Avr /2008 13:03

4.-  La chronique de Marie Ito.


Je vais
Tu vas
Il va
Nous avons
Vous avez
Ils vont

Casse-tête chinois ? Non. Une certaine logique qu'appréhende la majorité de mes apprenants. Ils sont 6 sur 6 à tenir cette vérité.

                                 Mais quel est le « vecteur » de cette confusion ?
Réponse :

Il porte sa première lettre.  V
Il a des ailes comme un oiseau de Folon. V
Il remplit la case à cocher quand ce n'est le << X >>. 

 Cependant, il faut penser à de vraies «  » : une paire pour vous, une paire pour nous.

Dans leur exaspération parfois de ne pouvoir maîtriser leur mémoire, mes apprenants roulent des yeux noirs et s'emberlificotent les lèvres de justifications pour tenter d'apaiser le piquant de leur irritation. Il m'arrive alors de sortir de mon sac, mon cahier de notes (qui ne me quitte jamais, histoire de ne m'ennuyer nulle part). Et je l'ouvre à une page d'exercices qui montre mes efforts à calligraphier la langue que j'apprends. Ils sourient. Ça les déride... C'est du chinois ! Du vrai !
           Je leur explique l'une ou l'autre chose, mes obstacles, mes confusions, mes soudaines clarifications, mes oublis, mes rages, petit paquet quotidien dans ma mémorisation de l'écriture du japonais qui réunit trois sortes d'alphabets.
          Alors, ils se calment (jusqu'à la prochaine fois...) et comprennent que nous avons véritablement quelque chose que nous tenons, pour l'instant, en commun : l'envie de nous comprendre, nous faire comprendre ; et cette rage que nous considérions en ennemie, se transforme en volonté de dépasser la difficulté de l'instant. Sur ce chemin-là, nous nous rendons compte que la vie a de quoi être savourée.
          Cherchant à savoir comment nos automatismes verbaux peuvent autant dérouter mes apprenants (dérouter ? que dis-je ! leur conjugaison exprimée ici plus haut ME déroute au point de les trouver de premier abord, eux, mes apprenants, géniaux de logique), me voici dérivant vers d'autres questionnements :
Nous, apprenants du français, du japonais pour ma part et de bien d'autres branches qui composent notre univers, ne cherchons-nous pas une forme de liberté, cette liberté prometteuse qui nous rend plus ouverts sur les réalités de la vie ? Se libérer de l'ignorance : nous avons bien du chemin à faire.
         Et si je prenais, ici, ce chemin. Et pourquoi pas : dans le temps ? Un retour en arrière : au Japon (puisque ma plume cherche aussi ses ailes !).
Japon du XIIIème. siècle, siège de mes investigations.

         Nous sommes en pleine période de Kamakura (1185-1333), ère particulièrement significative.
         Kamakura - nom d'une petite bourgade qui deviendra, à son apogée (début XIVème. siècle), une ville relativement importante de 50.000 habitants - se situe à un tournant du temps que les historiens nomment Moyen-Âge.
Outre le fait que Kamakura devient un centre politique important dans les provinces orientales, qu'elle donne naissance au premier gouvernement shôgunal de l'histoire du Japon, qu'elle est en train de vivre trois courants nouveaux de la pensée bouddhique, le développement d'une volonté de résistance de la part des couches dominées mieux organisées face aux différents pouvoirs, et puis, qu'elle vit une sorte de décentralisation des formes culturelles, la période dite de Kamakura constitue la première étape des temps médiévaux.

Que diable ! Qu'est-ce qui m'amène ici ? là ? maintenant ? tout de suite ?
Serais-je en train de suivre ma plume qui cherche ses pairs ?

Parmi les idéogrammes (appelés kanji) empruntés aux Chinois cinq siècles plus tôt, malgré la richesse et la prolifération des œuvres littéraires et le raffinement progressif de la graphie japonaise qui s'établit une fois pour toute en 1900 (année de la promulgation des Règlements relatifs à l'application du Code des Ecoles Primaires), aucun kanji n'avait été réalisé pour représenter le mot liberté. Non que cette terre d'Extrême-Orient eût été plus barbare qu'une autres du globe, mais la conceptualisation de ce terme dut prendre d'abord, son essor (comme par ailleurs en Europe) dans d'autres formes de verbalisations telles qu'elles sont apparentes dans les écritures de l'antiquité asiatique, bien que, dans sa valeur absolue, le mot liberté ait tendu, en premier lieu, vers le concept de l'effet produit suite à l'état d'illumination, effet appelé nirvâna, enregistré et propagé au long des siècles dans la littérature bouddhique des trois pays, l'Inde, la Chine, le Japon.
Ce n'est que vers la fin du XIXème. siècle, au début de l'ère Meiji, que les remous politiques du pays et les influences réciproques par les échanges internationaux, firent appel à la nécessité d'une graphie par le mouvement social qui allait être disputé et obtenu après une petite quinzaine d'année :
mouvement pour la liberté et les droits du peuple.
Jusqu'en 1898, différents partis portant, entre autres, des noms tels que Parti de la Liberté ou Parti Libéral (1881) - et plus tard, Parti Constitutionnel de la Liberté (1890) - s'organisèrent, non sans frictions, oppositions, démissions, révolutions pour finaliser leur but : l'ouverture de la Diète Nationale (supprimant ainsi l'absolutisme des hommes politiques de Yamaguchi et Kagoshima, afin d'amener le Japon sur la voie de la prospérité).
Le terme liberté dans la nomination de ces partis fut défini sous les deux signes conceptuels kanji réunis qui signifient, le premier : soi-même et le second : la cause.
Plus tard, le mot liberté s'appliqua à tous les niveaux, politiques, économiques, sociaux et culturels, représentés par l'union des deux signes d'origine chinoise, mais toujours au départ, lisible dans sa calligraphie japonaise établie par syllabes, apprise à l'école primaire avant les kanji que je m'efforce de pratiquer.

Ainsi donc, je quitte à présent Kamakura en emportant, à partager avec mes apprenants, les encouragements d'un moine bouddhiste né à cette période  de Kamakura, encouragement qui m'est plus imprégné dans le cœur et la peau que la masse de mes connaissances :
« Il faut compter douze jours de marche entre Kamakura et Kyôto. Si nous abandonnons la marche au onzième jour, comment pourrons-nous admirer le clair de lune par-dessus la belle Kyôto ? »

Tenterai-je d'illuminer mes apprenants au cours suivant au sujet de leurs «  » à déployer au lieu du « V » à la première et deuxième personne du pluriel ? Peut-être devrai-je leur rappeler ceci :
« Pour vous et pour nous, ALLER vers l'infini-(tif) : rien à l'horizon ! pas de règles grammaticales ! pas de mur de Berlin ! pas de câbles électriques aériens ! Juste des «   » et l'espoir de se faire comprendre.

Et s'ils s'élèvent assez haut avec leur paire d' « » aujourd'hui, il est possible qu'ils aient encore l'occasion d'apprécier le soleil qui s'étend à l'horizon jusqu'à la fin de la journée, celle que nous écouterons, avec délectation, dans le chant du merle perché « ... sur la cheminée de la maison voisine... ».


Extrait de « Chronique des Transmissions à l’Espace Trait d’Union »

Par Marie Ito

 

Avril 2008


5.- Courrier de Sofia.


Un courrier de Sofia PAPADOPOULOS, formatrice volontaire dans le groupe local de Braine L'Alleud, concernant l'activité du groupe local en collaboration avec le S.A.N.

 

Ce matin, avec les apprenants, nous avons fait une évaluation de la prestation de la pièce de théâtre, mais pas uniquement... nous nous sommes aussi demandés ce que le théâtre nous avait "apporté" personnellement et collectivement ... et voici, pour chacun d'entre eux, une phrase qui résume leurs impressions et sentiments :

 "Je suis contente d'avoir joué devant un public."
"Je suis content d'avoir joué devant des gens de nationalités différentes."
"Je suis fière d'avoir su jouer une pièce en français."
"Je suis fière d'avoir bien prononcé le texte et heureuse que tout le monde ait compris ce que je disais."
"Je suis heureuse d'avoir joué dans une pièce de théâtre qui parle des difficultés de la vie quotidienne de la femme.  Je suis contente parce que mes enfants et mon mari m'ont félicitée.  J'ai pu jouer un rôle qui ressemble un peu à ma vie et cela m'a fait du bien." 

  Pour ma part, je suis très fière d'eux parce que je ne sais pas s'ils se rendaient compte de l'impact que la pièce pouvait avoir sur eux et sur moi, sur nous enfin !!! Cela nous a rapprochés, cela les a unit, ils se sont investis sérieusement et ont réussi ... 
Aujourd'hui, ils étaient vraiment fiers d'eux, quel plaisir (nous avons visionné l'enregistrement) !!!!! 
Voilà, alors ils ont appris à prononcer, ils ont retenu des phrases correctes en français, ils ont saisi leur sens et puis surtout ils se sont apperçus qu'ils en étaient capables, avec en prime de la reconnaissance ...
Voilà, c'est pour moi de la joie pure !!!


 

6.- Comprendre nos ados..

 

                           Education permanente.

 «  Comprendre nos ados » - réalisation d'un petit dépliant - dont une partie est illustrée ici - par le groupe de Danielle Gallez, formatrice  bénévole à Limelette.

 

Inspiré par les différents textes affichés dans le local de la formation intensive à Limelette, le petit groupe d'apprenantes qui travaillent avec Danielle Gallez a souhaité réaliser un recueil de textes. Après discussion, elles ont convenu d'élaborer un dépliant et le thème choisi qui les interpellait personnellement fut «  Comprendre nos ados ». Ce travail s'est déroulé sur un peu plus de trois mois. Il a alterné la production de textes personnels, la recherche de documentation et les interviews d'adolescentes. Il a abouti à la production d'un dépliant illustré (avec légendes) et mis en page par les apprenantes. Ce groupe local n'ayant pas accès à l'outil informatique, le travail de dactylographie a été réalisé par la formatrice.

 Compétences activées pour réaliser ce travail :

  • Production/créativité 
               -
    production d'idées et choix d'un thème. 
               -
    production de mots-clés autour de ce thème. 
               -
    écriture de textes personnels
               -
    retranscription d'interviews réalisées auprès d'ados.
               -
    légendes pour les illustrations.
  •   Recherche 
               -
    de textes en relation avec le thème 
               -
    d'illustrations en relation avec la production finale
  •   Réflexivité 
               -
    confrontation des productions personnelles entre elles 
               -
    confrontation d'expériences à des textes plus théoriques qui traitent du 
                 sujet.
     
  •   Structuration des idées
                -
    hiérarchisation des mots-clés autour du thème
                -
    structuration de la mise en page

Travail sur la lecture et  l'écriture (grammaire-orthographe).

Non seulement tout ce processus a abouti à la réalisation concrète d'un dépliant mais il a aussi servi de point de départ à d'autres discussions et d'autres prises de conscience




 

  7.- Informatique.

Ethylotest

  Cet utilitaire permet de calculer l'alcoolémie en fonction du sexe, de la corpulence, de la quantité de verres ingérés et du temps écoulé.

Il peut s'avérer intéressant de montrer ce type de calcul à nos amis pour leur faire comprendre que les seuils légaux sont vite atteints et que la décroissance est assez lente. (0,15 g/l à l'heure)

 

Télécharger au site suivant : http://pierre.elziere.free.fr/?p=7

Ce logiciel gratuit pour Windows propose une évaluation approximative mais facile (et préventive !) de l'alcoolémie, prenant en compte les principaux facteurs qui la déterminent et calcule le délai d'attente nécessaire avant de conduire.


Jean Claude.


8.- Info Code de la Route.

Nouvelles règles de transport des enfants en voiture

Vendredi 25 avril 2008


 (Belga) Les règles relatives au transport des enfants en voiture seront renforcées à partir du 10 mai prochain. Un enfant de moins de trois ans ne pourra plus voyager à l'arrière de la voiture sans dispositif de retenue pour enfants. Une dérogation existait en effet si deux dispositifs étaient déjà installés à l'arrière du véhicule et qu'il n'était pas possible d'en installer un troisième. Dans ce cas, l'enfant pouvait être mis à l'arrière en lui mettant une ceinture de sécurité.

A partir du 10 mai, cet enfant devra obligatoirement prendre place à l'avant en étant muni du dispositif spécial. Les enfants qui mesurent moins de 1,35 mètre doivent voyager dans un dispositif de retenue pour enfants adapté. Un troisième enfant de 3 ans ou plus et mesurant moins de 1,35 m peut cependant être transporté à l'arrière en étant muni de la ceinture de sécurité. A l'avant, il doit obligatoirement être muni du dispositif de retenue pour enfants. (TAS)

Jean Claude


9.- Pensée du jour.


 Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière.
                                                (Michel Audiard)


 

 

                                                          

                                           A bientôt, Jean-Claude

                                              



          
Par jean-claude - Publié dans : lebenevoles
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